Le départ de la ferme du Grand Clos et la dispersion des "cousins Renault".

Des recherches conduites en 2022 permettent de mieux préciser la chronologie du départ de la famille RENAULT de la ferme du Grand Clos en La Malhoure, et le devenir des enfants qui y vivaient.

 

Cette famille, qui a conduit la ferme de génération en génération durant près de deux siècles jusqu'à la mort de François RENAUD, son dernier exploitant, en est aujourd'hui absente depuis près de 150 ans.

 

Le recensement de 1876 n'indique plus aucun RENAUD au Grand Clos : Jeanne Marie BROUTE, la veuve de François RENAUD, et ses enfants n'habitent plus la ferme.

 

Une page s'est tournée et les derniers descendants de la longue "dynastie" RENAUD ont définitivement quitté les lieux : aucun des 9 autres enfants de Jean RENAUD et Françoise HERCOUËT n'habite au Grand Clos.

 

Les "cousins RENAULT" issus des frères et sœurs de François nés à la Malhoure se dispersent dans les campagnes voisines et les liens familiaux qui les unissaient se défont rapidement. C'est ainsi que les cousins de La Malhoure, de Plestan, du Gouray et de Plédéliac finissent rapidement par ne plus se revoir et par ignorer le devenir de chaque branche.

 

Il est significatif que les informations qui suivent proviennent de recherches contemporaines et aucunement d'histoires familiales relatées entre générations.

Jean RENAULT, né à Trémeur en 1908, ignorait très certainement que deux de ses cousins RENAULT étaient morts au front durant la Grande Guerre, ou que d'autres avaient passé une vie misérable à produire du charbon de bois en forêt de la Hunaudais.

 

  • Seule Amélie RENAULT reste à La Malhoure : les enfants GERMAIN.

En dehors du Grand Clos, il restera quelques temps à La Malhoure des descendants de la famille RENAUD(LT).

 

 

Amélie (Emilie) RENAUD, sœur de François et de Joseph, est née en 1821 au Grand Clos puis à quitté la ferme lors de son mariage en 1852 avec Louis GERMAIN, aubergiste et cultivateur de la commune.

Elle habite désormais le bourg, et aura deux enfants, Jeanne et Louis.

 

Le recensement de 1872 indique que, veuve, elle a élu domicile avec ses enfants au presbytère de La Malhoure, chez son beau-frère Jean GERMAIN, bedeau de la paroisse. 

 

En 1896 et 1901, elle vit au lieu-dit Le Couvent chez son fils Louis, marié à Anne LE RESTIF, puis chez le second époux de sa belle-fille Pierre MOLE après le décès de Louis, avec ses petits-enfants.

 

C'est là qu'elle décède en 1906 à l'âge de 85 ans.

 

Louis GERMAIN, fils d'Amélie RENAULT, aura quatre enfants dont Pierre GERMAIN qui sera prêtre puis chanoine et curé de la paroisse de Pléneuf, et Adèle GERMAIN.

 

Adèle GERMAIN habitera La Malhoure durant toute sa vie. Née le 9 février 1897 et rencontrée en 1982 lors des premières recherches généalogiques, elle a livré plusieurs informations intéressantes sur le passé des RENAUD à La Malhoure, que l'on peut en partie trouver dans les annexes.

Mariée en mai 1919 avec Auguste NOURRY, elle est veuve en 1958, sans enfants.

 

Avec son décès le 31 janvier 1987 s'est éteinte définitivement la longue histoire des RENAUD à La Malhoure.

 

  • Les autres enfants du Grand Clos s'installent dans des communes voisines.

Marie RENAULT, mariée en 1861 avec Jean Louis HERMANGE, ne semble pas être restée à La Malhoure. La famille semble être installée à Maroué.

 

Jean RENAULT, né en 1826, se marie à La Malhoure en 1860 avec Jeanne BOULEAU. Le couple ira s'installer à Plestan.

 

Louise RENAULT, mariée à La Malhoure avec Jean COUSTE en 1860, quitte également la commune.

 

Mathurin et les cousins RENAULT de Plestan. 

Né en 1830, Mathurin RENAULT épouse Suzanne BRIQUET en 1872.

Le couple s'installe à Plestan et aura 5 enfants dont deux fils qui mourront à la guerre :

  • Pierre RENAULT (1883-1916), soldat au 24ème RI, meurt de ses blessures de guerre le 17 septembre 1916 à la ferme de Maujouy (Senoncourt-les Maujouy, Meuse) après l'expédition de l'ambulance 9/2. Il est inhumé à la nécropole nationale de Senoncourt, tombe 431.
    Il laisse à sa mort une veuve, Eugénie MOISAN, et un jeune enfant de 4 ans prénommé Arsène.
    Arsène RENAULT (1912-1940) décèdera à son tour à la guerre le 11 juillet 1940 à l'hospice de Troyes des suites de maladie contractée durant son service.
  • Louis RENAULT (1872-1917), cultivateur comme son père, soldat au 78ème RIT, trouvera la mort le 15 septembre 1917 sur le champ de bataille de Fromeréville-les-Vallons (Meuse), au lieu-dit Le Bois Bourrus. Il est inhumé au cimetière ouest de Fromeréville, rangée 42, tombe 18.

Pierre, Louis et Arsène RENAULT ont été reconnus morts pour la France.

 

Un autre fils, Mathurin RENAULT, tiendra la ferme de Caruhel. 

Il se marie à Plestan avec Anne Marie BADOUARD, et décède le 21 juin 1950 à La Malhoure au lieu-dit Bellevue, non loin de la ferme de ses ancêtres.

 

 

Tombe de Louis RENAULT au cimetière Ouest de Fromeréville-les-Vallons, rangée 42, tombe 18.
Tombe de Louis RENAULT au cimetière Ouest de Fromeréville-les-Vallons, rangée 42, tombe 18.

 

Joseph RENAULT et les cousins RENAULT du Gouray.

Né en 1834 à la ferme du Grand Clos, Joseph s'installera au bureau de tabac du Gouray après son retour de la guerre de Crimée.

L'histoire de notre ascendant direct est contée plus loin.

 

 

Jeanne Marie BROUTE et les cousins RENAULT de Plédéliac.

Jeanne Marie BROUTE et ses enfants constituent la branche cousine qui est restée encore quelques années à La Malhoure alors que Joseph et ses autres frères et sœurs en sont partis.

 

Les enfants de François RENAUD naissent à la même époque que ceux de Joseph au Gouray, et une proximité entre les deux branches cousines existe probablement au début.

En 1862, François RENAUD est ainsi le parrain de baptême de sa nièce Marie, fille aînée de son frère Joseph.

De même, l'année 1864 voit la naissance de Victor RENAULT au Gouray et de Victorine RENAUD à La Malhoure. Le choix de ces mêmes prénoms n'est sans doute pas le seul fruit du hasard.

 

Cette proximité entre cousins s'étiolera rapidement après le décès de François. Au moment de la naissance de Jean Baptiste RENAULT au Gouray (ascendant direct), cela fait 7 ou 8 ans que ses cousins de la Malhoure ont quitté le Grand Clos. Il est probable qu'il ne les a jamais connus.

 

Jeanne Marie et ses enfants quittent le Grand Clos entre 1872 et 1876 et se rendent alors à Plédéliac. C'est plus précisément en forêt de la Hunaudaye que l'on retrouve Jeanne Marie BROUTE et ses enfants à partir de 1876.

 

Pourquoi le choix de Plédéliac ? La consultation de l'état-civil indique des liens entre certaines familles de Plédéliac, de Plestan et de Plénée, commune natale de Jeanne Marie. Une autre hypothèse est que Marie Jeanne a été conseillée par le propriétaire du Grand Clos, noble local en lien avec le propriétaire de parcelles de la Hunaudaye.

 

Comme il est d'usage chez les travailleurs de la forêt, la famille va se déplacer à plusieurs reprises sur cette commune, au gré de ses activités.

On la trouve ainsi en pleine forêt de la Hunaudaye en 1876 et en 1881, puis à la Garde de Drouet en 1886, au village de l'Hôpital en 1891, dans le secteur de la Brousse en 1896 et enfin à Cojégu [forêt de Coat-Jégu] en 1901.

 

La forêt permet bon nombre de métiers, telles que sabotier ou charbonnier. Ce dernier sera l'activité de Jean RENAUD à l'âge de 32 ans (cf. recensement de 1891).

La vie itinérante des travailleurs de la forêt, et notamment des charbonniers, est très précaire. Jeanne Marie et ses deux enfants nés au Grand Clos mènent à la Hunaudaye une vie pauvre à l'abri de "loges" successives faites de branchages et d'herbes sèches.

 

 

Le document suivant rend compte de la dureté extrême de la vie quotidienne des charbonniers en Haute-Bretagne au XIXème siècle.

 

Les charbonniers de Haute-Bretagne, par Patrick Mahéo in Généalogie Magazine, octobre 1990, ISSN 0754-9725
charbonniers_de_haute-bretagne_-_maheo.p
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La veuve de François RENAUD décède finalement à Plédéliac le 11 avril 1903 sans s'être remariée. 

 

Ses enfants, les derniers RENAUD nés au Grand Clos, se dispersent progressivement.

 

Dès 1876, la fille aînée, Marie Françoise (16 ans) est placée domestique chez les débitants de boisson de Plédéliac Pierre Le Breton et Victoire Le Mesle [cf. recensement 1876]. A la naissance de son neveu Joseph en 1903, elle est alors cuisinière à St-Malo [cf. acte de naissance de Joseph Renault].

 

En 1876, 4 autres de ses enfants restent auprès d'elle mais en 1881, sa fille Jeanne Marie RENAULT n'apparaît plus.

 

En 1901, deux ans avant son décès, seuls François et Victoire (Victorine) RENAULT vivent encore avec leur mère dans leur habitation de Cojégu [Coat Jégu] où ils sont journaliers agricoles.

 

En mars 1903, Victorine RENAULT met au monde un enfant naturel prénommé Joseph. La grand-mère de l'enfant, Jeanne Marie BROUTE, décède trois semaines plus tard.

 

 

François, Victorine et son fils Joseph RENAULT sont présents à Plédéliac jusqu'en 1911, et n'apparaissent plus au recensement de 1921. Joseph RENAULT décèdera à St-Brieuc en 1978.

Mise en ligne : juillet 2022

(c) Jean-Marie Renault, 2008-2022

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