La fièvre bilieuse hémoglobinurique

Armand BERTIN (branche familiale RENAULT)

 

"Complication grave et actuellement exceptionnelle, la fièvre bilieuse hémoglobinurique survient chez un malade porteur d'un ancien paludisme.

C'est un épisode hémolytique aigu, d'origine immuno-allergique, lié à la prise de quinine et peut-être d'autres antipaludéens.

Le début est brutal, marqué par de la fièvre, un malaise intense, un état de choc, l'émission d'urines hémoglobinuriques. Une insuffisance rénale aiguë s'installe rapidement.
Biologiquement, il existe un syndrome typique d'hémolyse aiguë avec troubles habituels de la coagulation. La recherche des hématozoaires dans le sang est habituellement négative.

La fièvre bilieuse hémoglobinurique est un accident grave, mais a bénéficié de techniques telles que l'exsanguino-transfusion à la phase aiguë et des progrès réalisés dans la réanimation des états de choc et des insuffisances rénales aiguës."

(François BOURNÉRIAS in Encyclopedia Universalis) 

Armand BERTIN fils en mission coloniale
Armand BERTIN fils en mission coloniale

Armand BERTIN « fils » (1901-1933), fils d'Armand BERTIN "père" et d'Olympe RENAULT, fera une carrière militaire. Nommé caporal le 16 juillet 1921, puis sergent le 16 mars 1922 à la 1ère compagnie du 29ème régiment de tirailleurs algériens (matricule n°3452), il quitte l’armée en 1923 en bénéficiant d’un certificat de bonne conduite.

 

Il choisit, quatre ans après, de renouveler son engagement. Cette décision dramatique entraînera sa mort.

 

Affecté le 1er juillet 1926 au 22ème régiment colonial, il part alors pour la Chine avec le 100ème bataillon de marche. Là-bas, sa santé est durement éprouvée, et il doit être hospitalisé à quatre reprises.  Puis Armand sert au Tonkin de janvier à juillet 1929.

 

Après un bref retour en métropole, il est affecté en Afrique Equatoriale Française comme agent sanitaire au secteur de prophylaxie contre la trypanosémiase de la Haute Sangha à Nola (actuelle République Centrafricaine).

 

Il se donne à sa nouvelle fonction dans les conditions climatiques épuisantes de la forêt humide équatoriale. N’ayant pas une résistance physique à toute épreuve, il contracte finalement la fièvre bilieuse hémoglobinurique dont il décédera 9 juin 1933.

 

Localisation de l'Afrique Equatoriale Française et de la ville de Nola

 

« Ce sont beaucoup de tombes semblables à celles-ci, éparses à travers les vastes étendues de notre domaine colonial tant envié, qui ont contribué et contribueront à faire une terre vraiment française des vastes territoires dont certains à peine sortis du stade de la barbarie », déclarait le capitaine Gauthe, commandant le dépôt de transition de l’AEF à l’occasion des obsèques d’Armand BERTIN [19].

 

Il se devait d’ajouter : « Ce sont de multiples sacrifices semblables à ceux du sergent chef BERTIN qui ont ouvert et ouvrent chaque jour ces terres pleines de promesses à l’effort fructueux des commerçants, colons et industriels, effort qui sera peut-être, dans un avenir plus ou moins éloigné, un des facteurs dominants de notre relèvement national. ».

 

On sait ce qu’il advint, dans un avenir « plus ou moins éloigné », de l’Afrique Equatoriale Française et des autres colonies.

 

En attendant, la politique coloniale de la France laissait dans le bourg de St-Glen une veuve et un orphelin de cinq ans, comme elle laissait un peu partout en métropole, depuis des décennies, des milliers de veuves et des milliers d’orphelins.

(c) Jean-Marie Renault, 2008-2020

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