Glossaire de parler de Trémeur

Jean RENAULT, édition 2007

 

G

Gâche n.f. Miche de pain entamée ou non (JR) [à rapprocher de chantet : miche de pain entamée]. [Voir Ille-et-Vilaine : pain mal cuit, plat ou mou selon Orain]. [Ni RT ni sa femme n’ont entendu ce mot à Trémeur].

Gamouéche n.f. 1- Morceau de tôle permettant de retirer les cendres du foyer. 2- Couvercle de casserole réalisé en terre [on le chauffait pour le mettre dans le lit des malades]. Voir aussi volet. 3- Se disait vulgairement pour carapuche (RT).

Gâpâs n.m. Ce qui reste des céréales après le vannage, contenant la balle, les barbes des épis et des mauvaises herbes. Etait brûlé (JR). Selon RT, se dit surtout de la balle du blé, qui est plus longue. Pour l’avoine, on dit balle. Pour la paumelle [orge], on dit brim’.

Garçailles n.f.pl. Ensemble des enfants d’une maisonnée ou que l’on aperçoit, indistinctement garçons ou filles. Y’avait des garçailles plein la cour. M. Leduc, instituteur à Trémeur dans les années 1920, l’employait au vocatif pour appuyer son propos : « Est d’la liche, garçailles ! », c’est très bon à manger, les enfants !

Gâter v. Renverser un liquide : « J’enlève ton verre, tu vas l’gâter ». « Est-i maladré ! Il a gâté d’l’iau à la porte en ram’nant des siaux trop pleins du pu ».

Genisson [j’nisson] n.m. Jeune génisse que l’on garde comme future laitière.

Gerbière n.f. Porte de façade du grenier permettant le chargement de la paille.

Géromiom n.m. Géranium (Pelargonium). [autrefois].

Glajeux n.m. 1- Roseaux poussant dans la rivière (JR). 2- Iris d’eau jaunes (RT).

Glannée [glan-née] n.f. 1- Fagot de ronces sèches utilisé par les boulangers pour allumer le bois du four à pain, ou l’hiver dans les grandes cheminées. 2- Pubis de la femme (RT).

Glet ou guiet adj. Mou. En été, le beurre devient glet.

Gniousse [niousse] n.f. Jeu de palet utilisant un pibot, pièce de bois de 10 cm de long et 2,5 cm de diamètre tenant debout, sur laquelle chaque joueur plaçait une pièce de monnaie. Le jeu consiste à abattre le pibot à l’aide de palets. Le gain est calculé d’après les distances du palet aux différentes pièces. [Ce mot relevé par JR ne se dit pas à Trémeur selon RT]. [Se dit pitoche au Gouray].

Gobette n.f. Poire sauvage venue de pépin [dénommée b’zite au Gouray, à Languédias et à Mégrit].

Gôre n.f. Truie.

Goton n.m. Moton, grumeau de laine ou de cheveux.

Gothon n.f. Femme sans ordre qui se laisse aller.

Goule n.f. Bouche, gueule. Cotti la goule : envoyer une gifle.

Gouspillon n.m. Ce qui reste de la bolée quand quelqu’un a bu. Avant de servir le suivant dans le même bol, on jetait le gouspillon (JR). Peu usité selon RT, on dit plutôt gouttin.

Goûté adj. Savoureux.

Gouttin n.m. Voir gouspillon.

Goutte n.f. Eau-de-vie de cidre.

Gouvet n.m. Noyau. Un gouvet de badie.

Gozi adj. Moisi.

Grabot n.m. Mélange de ferluches et de bouts de bois (RT).

Gréton n.m. 1- Graisse des intestins et des rognons, ce qui reste après avoir coulé la graisse (RT). 2- Ce qui reste quand on a fait fondre le lard et qui servait parfois à faire de la saucisse (JR). Se disait en français rillons selon PLI 1910.

Greillon n.m. 1- Tison. 2- Lanière de cuir tenant les crochets d’attelage au collier des chevaux (RT).

Gréyé adj. Equipé.

Grille n.m. Tesson (de verre). Syn. teil (voir ce mot).

Griper v. Grimper dans un arbre. Y avait eun nid d’pie dans l’chéne, not’gars gripit d’dans pour le dénijer.

Gro n.m. Glace.

Grommer v. Grogner. A Brest, vers 1924, on disait groumer.

Grousser (se) v. 1- Se blottir, se mettre en boule [animal] : l’chien est groussé dans l’mulon d’la paille (JR). 2- I n’groussit point, se dit quand quelqu’un se tait après avoir fait une bêtise (RT).

Guédi, guédir v. Mourir, en parlant des animaux (se dirait peut-être de quelqu’un qu’on déteste) : l’pov chat va guédi.

Gueilger v. 1- Gager, louer ses services. 2- Par extension : marier, « caser » : V’la ‘cor ieune de gueilgée.

Guénâ n.m. Chiffon, haillon, vieux morceau d’étoffe qui traîne (JR).

Guèr n.m. Ondée, averse. Syn. guilée.

Guerchau n.m. Lambeau, bout de torchon. Fig. : Ton vilain guerchau désigne de façon péjorative l’organe sexuel masculin.

Guéréter v. Labourer, pour les plants de printemps (patates). Se fait en mars, de façon plus profonde que cherruer (v. ce mot) (RT).

Guerluzet n.m. Petit animal vulnérable. Ex : Un p’tit guerluzet se dit d’un petit poisson qui se trouve au milieu d’une belle pêche. Féminin : guézotte (v. ce mot).

Guernette n.f. 1- Grenouille (JR). 2- Petite grenouille (RT).

Guerneuzer v. 1- Eplucher grain par grain un épi de blé pas tout-à-fait mûr (JR). 2- Donner du grain aux cochons pour les calmer (RT).

Guernisson n.m. Bricoli (v. ce mot).

Guéroâzelle n.f. Groseille à maquereaux.

Guérouer v. Geler, glacer : il a guéroué ané !

Guerzillon n.m. Grillon. Il est nâ, nâ comme pâ, le guerzillon dans la lande / il est nâ, nâ comme pâ, la guerzillon du Saudrâs ! (chant d’avant-deux, chanté par Christian Henry, de la Ville Bouin v.1967).

Gueurer v. Donner des coups de corne, en arlant d’un bovidé : N’approche pas, la vache-là gueure !

Guézotte n.f. Voir guerluzet. « C’est eun’ p’tite guézotte ».

Guian-né n.m. Pièce de bois fiché dans la maçonnerie du foyer, fendue à l’autre extrémité pour tenir la bougie.

Guibette n.f. Moucheron.

Guié n.m. Paille coupée par le milieu.

Guia n.m. Ce qui reste sur le sol.

Guion n.m. Tas de paille.

Guilée n.f. Ondée, averse (v. Guèr).

Guimberlé n.m. Vilbrequin. Se disait quimberteign’ au Gouray.

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