Des origines outre-Manche ?

     

        Le nom de famille JEAN s'écrivait plus souvent autrefois JAN, ces deux formes étant encore aujourd’hui très courantes en Bretagne.

         L'étude exacte de la répartition de ce patronyme reste à faire.

 

        En ce qui concerne notre branche familiale, la tradition prétend que les JEAN étaient originaires d' « Angleterre ». Jean Renault y voyait plutôt une origine galloise, le patronyme JONES étant particulièrement répandu au Pays-de-Galles.

        Ils se seraient installés en Goëlo, cette terre bretonnante qui n'est ni vraiment le Trégor, ni encore le pays de Saint-Brieuc.

 

         A ce jour, aucun ancêtre gallois n'a été trouvé, mais une origine britannique reste possible.

         En effet, la lecture des actes de catholicité de la paroisse de Gommenec'h avant la révolution montre bien qu'il y vivait des JONE dont le nom, dans cette hypothèse, n'aurait été que peu transformé.

        Joseph Darsel [1] relève de son côté de nombreux noms gallois, écossais et irlandais dans la paroisse de Lanvollon à la même époque.

         D'où  vient la présence de Celtes d'outre-mer dans cette région ?

         D'après Darsel, beaucoup d'habitants de ces pays auraient traversé la Manche pour fuir la répression qui s'abattait sur ceux qui avaient osé soutenir le prétendant Charles Edouard Stuart dans sa vaine tentative de rendre la couronne royale à sa famille. Louis XIV aurait alors fait don à ces pauvres immigrés de terres en friche dans le pays de Goelo [2].

 

         Il est également possible que l'immigration soit le résultat des luttes entre catholiques et protestants qui mobilisèrent, au Royaume-Uni d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande, les forces politiques et militaires durant toute la seconde moitié du XVII° siècle.

        Ces combats s'accompagnèrent de répressions sanglantes sous la dictature de Cromwell, et se traduisirent par la défaite du parti catholique. Le roi Jacques II, chassé de son pays, ne put reprendre ce dernier et se fit battre par son rival Guillaume III d'Orange à la célèbre bataille de la Boyne en 1690, en dépit de l'aide fournie par le roi  Louis XIV.

          Ce dernier aurait alors accueilli sur le sol du Trégor une partie des 10 000 hommes qui constituaient la garde restée fidèle à Jacques II et contrainte à l'exil.

 

        Il est vrai que les recherches généalogiques antérieures à 1688 s'avèrent difficiles. La famille Jean semble être arrivée brusquement dans la région de Goudelin vers cette époque, sans références antérieures. Ces lacunes sont d’autant plus troublantes dans les actes de catholicité, qu’elle sont contemporaines de la révocation de l’Edit de Nantes.

       En d'autres termes, les familles protestantes ne bénéficiaient pas de l'écriture des actes de baptême, de mariage ou de sépulture dans les registres tenus par le clergé catholique.

 

         L'origine est peut-être cependant toute autre car ce nom de famille est signalé à Lanvollon dès 1540 [3].

 

        



[1] J.DARSEL, Histoire de la paroisse de Lanvollon , Lanvollon, 1968, t.1, pp.141-142.

[2] J.DARSEL, Ibid., t.1. L'auteur se trompe de date. L'échec du prétendant eut lieu à la bataille de Culloden en 1746 et la répression ne commença qu'après. Or Louis XIV était mort depuis 31 ans...Par ailleurs, notre famille semble avoir été présente dans la région de Lanvollon bien avant cette date. Un défaut du livre de Darsel est de ne mentionner presque aucune source..

[3] J.DARSEL, Ibid., t.2, p. 267

Mise en ligne : 2008

Mise à jour : 2020-2021

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